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Les Amys du Vieil Eu

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76260 EU

 











Michel Anguier 

Les frères Anguier

Sculpteurs

 

Les Anguier sont une vieille famille eudoise dont la présence est attestée dès le milieu du XVè siècle. Charles, l’ancêtre, mort en 1622, était menuisier de son état. Son fils, Honoré, fut maître-menuisier, ce qui veut dire qu’il possédait son propre atelier. Il réalisa différents travaux pour la ville d’Eu, notamment pour la chapelle des Jésuites. De son mariage avec Catherine Riollé, il eut cinq enfants, dont deux fils sculpteurs dont il est question ici.

 
    François (1604-1669)


    Il se consacra pratiquement toute sa vie à la sculpture funéraire, continuant ainsi la tradition française du tombeau, florissante sous le règne de Louis XIII.

 

L’œuvre maîtresse de cet artiste est le mausolée de Moulins élevé à la mémoire du duc de Montmorency. Cette œuvre monumentale occupe toute une chapelle de l’ancien couvent de la Visitation. Le jeu des rythmes des colonnes, des niches et des frontons, et surtout l’harmonie des marbres polychromes sont particulièrement réussis.

 

Le département de la sculpture française du XVIIè siècle du musée du Louvre comprend dans  ses collections plusieurs ensembles monumentaux réalisés  par François Anguier :

Le tombeau de Jacques-Auguste de Thou, sarcophage en pierre orné d’un magnifique bas-relief en bronze supportant deux belles statues du défunt et de sa première femme ;

Le tombeau du duc de Longueville, superbe obélisque de marbre blanc et noir de plus de quatre mètres de haut, orné de deux bas-reliefs et entouré de quatre statues des vertus cardinales particulièrement réussies ;

Le tombeau de Jacques de Souvré, dont il ne reste plus que la statue du défunt, allongé à l’antique, au corps d’un modelage très athlétique, assisté d’un génie funéraire.

 

François vécut et travailla toute sa vie avec son frère Michel, mais ne connut pas la brillante carrière de ce dernier. Son refus de rejoindre l’Académie de Peinture et de Sculpture lui fit sans doute manquer de nombreuses commandes officielles. D’autre part, le fait qu’il sculptât principalement des tombeaux et que ceux-ci fussent dispersés, mutilés ou détruits à la Révolution, a injustement beaucoup nui à la connaissance de ses œuvres et à leur juste appréciation.

 
    Michel  (1612-1686)  

 
    Après avoir passé dix années à Rome, séjour pendant lequel il travailla pour l’atelier de l’Algarde et surtout fut recruté par le cavalier Bernin, Michel réalisa, en 1652, pour Laurent de Montarsis, joaillier du roi, une série de petites statuettes en bronze, représentant les dieux et les déesses ‘selon leur tempérament’ : Jupiter foudroyant, Junon jalouse, Neptune agité, Amphitrite tranquille, Cérès éplorée, Pluton mélancolique, Mars quittant les armes.

L’année suivante, il réalisa de nombreuses statues en stuc pour la décoration des plafonds italianisants des appartements d’été d’Anne d’Autriche au Louvre.

Pour la maison de Fouquet à Saint-Mandé, Michel Anguier sculpta de nombreuses statues dont une Amphitrite et une Léda et le cygne. Parallèlement, il réalisa un magnifique fronton de l’avant-corps côté cour du château de vaux-le-Vicomte, ainsi que plusieurs statues dans le parc.

Au printemps 1663, avec toute une équipe, dont son frère François, il fut chargé  par la reine Anne d’Autriche de réaliser toute la sculpture intérieure de l’église du val-de-Grâce. L’œuvre y est diverse : d’influence française pour la décoration en caissons de la voûte de la nef et des sculptures des arcades, d’influence italienne pour les médaillons des évangélistes du chœur, et plus précisément baroque pour le baldaquin et l’ensemble de la Nativité.

De 1671 à 1674, Michel Anguier réalisa sa dernière commande officielle : les imposantes sculptures de l’arc de triomphe de la Porte Saint-Denis.

 
    Le talent de Michel est assurément varié, à la fois dans les matériaux employés et dans les sujets traités. Utilisant la pierre et le marbre, comme le bronze et le stuc, il a su s’illustrer dans toutes les formes de la sculpture classique : la sculpture monumentale (le Louvre, Vaux-le-Vicomte), l’art religieux (le Val-de-Grâce), l’art funéraire (le mausolée de Moulins), la sculpture monumentale (le fronton de Vaux-le-Vicomte, l’arc de triomphe de la porte Saint-Denis), l’art des jardins (à Versailles et à Saint-Mandé).

 
    François et Michel Anguier vécurent profondément unis par une mutuelle affection et un amour partagé pour la sculpture. Ils furent également unis dans la mort puisqu’ils furent enterrés dans un tombeau commun en l’église Saint-Roch. Même s’ils n’ont laissé aucune œuvre de leur création dans leur ville natale, l’ayant quittée trop jeunes, la ville d’Eu ne peut que s’enorgueillir d’avoir donné le jour à ces deux artistes. En effet, ces deux sculpteurs ont atteint la grâce classique tout en ayant connu la tentation baroque ; ils sont des maillons importants, dans l’évolution de la statuaire classique, de ce retour à l’antique qui caractérise l’art français du milieu du XVIIè.   

 


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